Humaniser la mondialisation

Publié le 14 avril 2016 Mis à jour le 15 novembre 2016
Date(s)

le 14 mars 2013

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Mireille DELMAS-MARTY, Professeur honoraire au Collège de France et Membre de l'Académie des sciences morales et politiques, est intervenue sur le thème : « Humaniser la mondialisation ».

Partant d'une interrogation sur les effets de la mondialisation, Mireille DELMAS-MARTY nous a montré magistralement combien elle peut renforcer l'humanisme juridique par le développement du droit international des droits de l'homme, la reconnaissance des biens publics mondiaux, ou l'apparition d'un droit humanitaire et d'une justice pénale internationale. Mais la mondialisation peut aussi, dans le même temps, menacer cet humanisme par le durcissement du contrôle des migrations, l'aggravation des exclusions sociales, la multiplication des atteintes à l'environnement, la persistance des crimes internationaux « les plus graves » ou les risques d'asservissement créés par les nouvelles technologies.
D'où la nécessité d'inventer un nouvel humanisme, ou plutôt de se projeter dans l'avenir en prenant le pari, utopique mais réaliste, d'humaniser la mondialisation autour de trois objectifs : résister à la déshumanisation, responsabiliser ses acteurs, anticiper sur les risques à venir. Il reste à convaincre les Etats que cette nouvelle responsabilité n'affaiblit pas leur souveraineté et que, bien au contraire, elle l'élargit, dans l'espace comme dans le temps. Façon de redécouvrir que les prérogatives de la souveraineté impliquent des devoirs et que le droit de veto des membres du Conseil de sécurité, ne devrait pas se limiter à la défense des intérêts nationaux mais s'étendre au devoir de protéger la paix et la sécurité du monde.

Mais la solidarité ne se limite pas aux Etats. La tâche consiste aussi à convaincre les autres acteurs d'assumer leur part de responsabilité. Qu'il s'agisse des entreprises, des acteurs civiques ou des experts scientifiques, la volonté humaine reste la clé pour réaliser, par une série d'efforts multiples, ce « bond en avant » qu'Henri Bergson évoquait à propos de l'idée de justice.