L'humanitaire à l'épreuve des cultures

Publié le 18 avril 2016 Mis à jour le 15 novembre 2016
Date(s)

du 19 octobre 2012 au 20 octobre 2012

Ajouter à mon agenda 19-10-2012 20-10-2012 40 L'humanitaire à l'épreuve des cultures
Ce Colloque international s'est déroulé les 19 et 20 Octobre 2012. Il réunissait 350 participants et des intervenants, universitaires et acteurs de l'action humanitaire, venus d'horizons et de cultures très diverses (Canada, Inde, Afrique du Nord, Afrique Centrale, etc.)

La thématique de ce colloque s'inscrit parfaitement dans les axes de recherche de notre Chaire, notamment dans la perspective intitulée « Enjeux de l'Interculturalité dans la quête d'un nouvel humanisme ».
La question de l'humanitaire qui séduit tout autant qu'elle divise les nations occidentales, a une longue histoire en Europe de l'Ouest. Issu de la charité chrétienne et de la philanthropie des Lumières, l'humanitaire se développe très largement à travers de nombreux mouvements associatifs jusqu'à l'élaboration d'un droit humanitaire, avec les Conventions de Genève du 12 Août 1949.
Cependant, la réalité des limites de l'humanitaire associatif conduira progressivement à l'avènement de l'humanitaire d'Etat qui s'inscrit dans des champs politiques et économiques où l'angélisme a peu de place. L'humanitaire est désormais au cœur des mutations globales dont la moralité est un enjeu majeur. Il s'agit de remettre l'humain au cœur des actions de la communauté internationale et de la société civile, c'est-à-dire de prendre en compte la culture par laquelle la personne exprime son humanité et le sens qu'elle donne à son existence.

Dans le cadre de ce colloque, il s'est agi, plus précisément, de remettre la question culturelle au cœur des débats sur les pratiques humanitaires, question traditionnellement occultée par des considérations politiques et géopolitiques.
Partant des réalités observables et les confrontant aux fondements philosophiques, anthropologiques et juridiques de l'action humanitaire, les intervenants se sont interrogés sur la perception de cette action dans différentes cultures (indienne, arabo-musulmane, africaine) et sur les causes de ses dérives. Ont été pointées plus directement l'identité affaiblie, sinon occultée de la victime et l'absence de réciprocité, qui rend les notions d'échange, de partage, inopérantes .N'est-ce pas cette impossible réciprocité qui transforme l'assistance en un facteur supplémentaire de conflit ?

L'action humanitaire n'est-elle pas perçue comme le bras prolongé des puissances impliquées, comme une preuve de la condescendance voire du mépris des démocraties occidentales ?
Si le fait culturel ne peut être nié, il ne peut cependant être « essentialisé », au risque d'une instrumentalisation et d'une perversion de l'essence même de l'humanitaire, à savoir son universalité.
Réévaluer l'action humanitaire, imaginer sa perception comme un métissage des savoirs et des cultures et non comme un malentendu, constitue le défi à relever, à l'heure où la moralité des choix est devenue un facteur déterminant dans les jugements des opinions publiques mondiales.