De la justice pénale internationale à la justice restauratrice: l'impact du culturel

Publié le 18 avril 2016 Mis à jour le 15 novembre 2016
Date(s)

du 6 décembre 2013 au 7 décembre 2013

Ajouter à mon agenda 06-12-2013 07-12-2013 40 De la justice pénale internationale à la justice restauratrice: l'impact du culturel
Ce colloque international a réuni plus de 250 participants et des intervenants, universitaires et professionnels, venus d'horizons et de cultures très diverses (Côte d'Ivoire, Rwanda, Maroc, Turquie, Uruguay, Colombie, Chili, etc.). La thématique de ce colloque s'inscrit dans les axes de recherche de notre Chaire, notamment dans la perspective intitulée « Mémoires des cultures et gestion des conflits », la mémoire des cultures étant une condition essentielle du vouloir-vivre collectif, du revivre ensemble au sein d'un même Etat ou entre les Etats.

Comment gérer le passé après des violations graves et massives des droits fondamentaux, après de longues années de terreur institutionnalisée, voire après l'indicible, « l'inimaginable » ? La justice pénale internationale, avec la création de la Cour Pénale Internationale (CPI), apparaît comme l'une des réponses possibles : en permettant le renforcement progressif des juridictions nationales, elle peut servir de catalyseur à la lutte contre l'impunité au niveau national et international.

Elle peut commencer l'exercice difficile de répression des crimes les plus graves et ce faisant, donner aux victimes non seulement une voix mais aussi une reconnaissance. Pourtant, cette justice internationale ne permet pas à elle seule de rendre possible la réconciliation ou la paix sociale. Si le pardon ne peut être imposé, il peut cependant être inspiré.

C'est pourquoi, il faut imaginer des scénarios alternatifs, outiller la société face à ce défi, l'encourager à recomposer des forces de vie au milieu du paysage désolant laissé par les crimes de masse. Bref, inventer une justice restauratrice.
Le second panel du colloque a donc été consacré à la présentation et à l'évaluation de ces mécanismes de restauration ou de réhabilitation, fondés sur des traditions culturelles ou religieuses spécifiques : Commission vérité et réconciliation en Afrique du Sud, en Côte d'Ivoire, Instance équité et réconciliation au Maroc, Gacaca au Rwanda, Commission des sages en Turquie, solutions culturelles particulières en Colombie, en Uruguay et en Argentine...


Les différents intervenants ont ici insisté sur les vertus et l'impact réel de ces mécanismes, tant sur le plan social que sur le plan politique, mais aussi sur leurs limites et les difficultés rencontrées dans leur mise en œuvre.
Il s'est agi également de montrer comment ces différentes expériences pouvaient inspirer ou renseigner d'autres sociétés confrontées à des problématiques semblables. A travers toutes ces expériences, l'une des conditions fondamentales du redéploiement de la vie sociale réside dans la restauration de la dignité des victimes. Ce fut l'objet du troisième panel de ce colloque.

Pour rouvrir l'horizon d'un être-ensemble ou le regard de l'homme pourra à nouveau croiser le regard de l'autre, il faut d'abord comprendre ce qui s'est imposé et ce que les contraintes ont révélé de la condition d'humanité : ses faiblesses, ses bassesses et parfois sa noblesse qui peut traverser la nuit et sauver l'avenir.

Les Actes de ce colloque seront publiés dans le numéro 8 de notre Revue, Etudes Interculturelles , à paraître en septembre 2014.